
NOTE D'INTENTION
Fin 2021, à la sortie de la crise sanitaire, suite au confinement dans mon petit appartement parisien, avec ma compagne nous ressentions le besoin de nous évader et de renouer avec la nature.
À cette occasion, ayant toujours rêvé de partir à l'aventure, nous avons planifié un voyage en van de Paris jusqu’en « Laponie suédoise ».
Six mille kilomètres et dix jours plus tard, une fois de retour sur Paris, la Suède ne quittait plus mes pensées. Les paysages, les rennes, les habitants, tout ce que j'ai découvert là-bas, je me devais de le partager avec le public. Quoi de mieux que de le faire à travers un road-movie pour permettre aux spectateurs de voyager avec moi ?
Pendant un an, j'ai travaillé sur plusieurs prémices de scénarios. Puis, en juin 2022, en pleine nuit à Paris, j'ai fait la rencontre de « Lucien Nageotte », un homme d'environ quatre-vingts ans, se déplaçant en déambulateur, en train de se battre avec un pharmacien.
Surpris par la scène qui se déroulait devant mes yeux, je me suis permis de lui venir en aide. Suite à cela, nous avons passé une partie de la nuit à discuter.
Lors de notre discussion, j'ai malheureusement appris que Lucien, vivait dans la rue et qu'il était en froid avec sa fille depuis de nombreuses années, une situation bien difficile pour lui. Dans nos discussions, Lucien m'a raconté qu'il avait participé deux fois aux "24 Heures du Mans" en tant que pilote à bord d'une "Porsche Carrera RSR". En 1974, il avait terminé à la 12e position, mais malheureusement, il avait dû abandonner en 1975.
J'ai été immédiatement fasciné par son récit, captivé par la passion avec laquelle il parlait de sa voiture, des courses et du stress qu'il avait ressenti. Il racontait tout cela comme si c'était arrivé hier.
À la suite de notre rencontre, je me suis posé la question suivante : comment était-il possible qu'un homme ayant participé à l'une des courses les plus mythiques au monde en soit arrivé à vivre dans la rue à l'âge de quatre-vingts ans ?
Cette rencontre a été le point de départ de ce film. Pendant plus d'un an, j'ai travaillé sur la structure du scénario, essayant de rester en contact avec Lucien, mais en vain. Le road-movie est pour moi l'un des genres que j'admire le plus au cinéma. Mon film préféré étant « Bagdad Café », je prends toujours plaisir à revoir des films tels que « Thelma et Louise », « This Must Be the Place » ou encore « Nebraska » (pour n'en citer que quelques-uns).
Le road-movie représente la liberté, la quête, et la
confrontation avec ses choix. Dans ce genre de film, les personnages prennent conscience de leur état, et à la fin du voyage, ils ne sont plus les mêmes qu'auparavant. Ils ont évolué !
C'est ainsi que les personnages d'Arthur et Méli sont nés. "Arthur" est un anti-héros, un homme qui vit dans un petit appartement en cité. Il continue de travailler malgré sa maladie. Il est mourant et il le sait. Son seul objectif est de revoir sa fille, qu'il n'a pas vue depuis plus de quarante ans. Ancien pilote des 24 Heures du Mans, c'est un homme âgé, avec des principes. Il est lent et solitaire, mais son esprit est vif. La seule chose qu'il chérit, c'est sa voiture, celle avec laquelle il a couru sur le circuit du Mans.
Le pardon, la solitude, la liberté et la rédemption sont des thématiques qui me tiennent à cœur et qui, je pense, parlent à tout le monde. Comme le dit Arthur dans le film, nous sommes tous un jour ou l'autre "décevants" envers les autres, car nous sommes humains.
Mais être décevant signifie-t-il pour autant être impardonnable ?
J'apprécie le fait qu'Arthur soit un homme lâche, car malgré son désir de faire ce voyage pour revoir sa fille,
il aurait toujours trouvé une excuse pour remettre à plus tard son départ.
"Méli" est le contraire d’Arthur. Elle représente pour moi cette jeunesse ouverte à tout et toujours dans l’excès, elle fume, elle se drogue, et elle est très ouverte sexuellement.
Cependant, comme tout excès, cela peut mal tourner un jour ou l’autre. Pour elle, cet événement est une sorte de porte de sortie à tout ces emmerdes et pour une fois, elle va suivre son instinct en montant dans la voiture avec Arthur. J'aime l'idée que les opposés s'attirent, car cela enrichit le récit.
Pendant ce voyage, Arthur et Méli vont apprendre l'un de
l'autre. Ce ne sera pas toujours facile, mais à la fin, ils vont
s'entraider mutuellement et s’accepter.
Pour finir, en tant que réalisateur, ce film doit être une
bouffée d'oxygène. Il doit faire voyager et donner une impression de liberté aux spectateurs.
C'est un hommage au genre qu’est le « road-movie », et pour une fois, il montre que des paysages fantastiques ne se trouvent pas seulement aux États-Unis.
Pour moi, ce long-métrage devra être tourné dans des
conditions réelles, sans effets spéciaux, en capturant les aurores boréales en direct, et en suivant la chronologie du récit pour que les deux acteurs puissent exprimer de vraies émotions par rapport à ce qu'ils vivront durant ce voyage.
Comme pour "Easy Rider", je souhaite que ce film soit tourné avec une petite équipe, revenir à une approche artisanale, réalisée sans un gros budget mais avec beaucoup de talents. Car, au fond, ce qui fera la réalité du récit sera la réalité du tournage.
Lancelot Mingau


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